Archives de catégorie : billets et commentaires

Liliane mes valises ! jeudi, 6 janvier 2011

Encore un petit billet d’humeur en ce début d’année, que l’on pourrait ranger dans la rubrique : les voeux pour mon pays.

Les lecteurs de ce blog savent peut-être que je n’ai pas de chance avec mes valises. De retour de Las Vegas en passant par Los Angeles, ma valise est allée se balader en Asie et n’a rejoint Paris que cinq jours plus tard.

Allant en Corse avec ma femme via Marseille, c’est la valise de ma femme qui a décidé d’explorer d’autres destinations et n’est revenue qu’un jour plus tard. Quand je suis allé à Pékin, pourtant par un vol direct, il a fallu un jour de plus à ma valise pour me rejoindre.

Et tout récemment, allant à Tokyo, la valise avec tous mes vêtements n’a pas connu un défaut d’aéroport mais la confusion d’un passager. Il a fallu sept heures pour que je la retrouve.

Lorsque l’on sait les problèmes que posent ces retards, tels que l’impossibilité de revêtir du linge propre, on imagine les souffrances qu’ont dû connaître des voyageurs, lorsqu’ils ont su que 28.000 valises ont été bloquées à Roissy entre Noël et le jour de l’An, avec impossibilité de les repérer pendant une semaine. Passer les réveillons dans un aéroport n’est pas le "must" des ambitions.

Si l’on ajoute à cela les vols annulés parce qu’il manque du glycol, les trains qui mettent une journée pour un trajet de quatre heures et les avions qui mettent dix heures pour un trajet d’une heure, on se dit qu’il est indispensable de revoir l’ensemble de la filière du tourisme ou de l’accueil des hommes d’affaires en France.

Du fait de l’écart des revenus entre l’Europe et l’Asie, l’industrie abandonne notre pays. Le tourisme va se révéler plus que jamais notre or noir. L’ensemble de notre pays devrait être mobilisé pour une cause cruciale pour notre avenir : "l’accueil irréprochable du touriste en vue de sa satisfaction".

Il est indispensable de revoir de A à Z la politique de service :

– un aéroport n’est pas un endroit où l’on gère des flux à coûts faibles mais un endroit où chaque touriste reçoit le service qu’il attend, quel qu’il soit.

– les RTT des personnels passent après la satisfaction du client et pas avant

– le service des valises est un service crucial qui ne supporte pas le moindre défaut. La lenteur et l’approximation actuelles ne sont plus de mise

– aux files d’attente, ce n’est pas du bétail que l’on parque, mais des clients à satisfaire

– les toilettes ne sont pas un endroit où l’on doit démontrer la saleté, mais un endroit où l’on doit démontrer la propreté. Et ceci ne vaut pas que pour les aéroports mais aussi pour les gares, les cafés et brasseries, les trains et tous les lieux publics

– l’autoroute du Nord qui rejoint Paris de Roissy ne doit pas être une décharge publique

– on doit pouvoir trouver des taxis rapidement et partout

– les cafetiers doivent parler un minimum d’anglais et être aimables. Le touriste n’est pas un c..nard d’américain mais une personne qui fait vivre notre pays.

– le touriste n’est pas une personne à qui l’on doit arracher du fric en trichant sur le montant à payer mais quelqu’un que l’on doit servir honnêtement.

On pourrait continuer cette liste à l’infini.

La France doit devenir un pays qui accueille les touristes, les respecte, leur offre du service, de la propreté, de l’amabilité, voire même du respect.

Ça peut paraître futile ! Il serait temps que l’on comprenne que c’est une impérieuse nécessité. Le nombre de touristes étrangers qui disent : "je ne vais plus en France, car on ne sait jamais quand on en repartira" est beaucoup plus grand qu’on ne l’imagine.

Une mobilisation du pays sur ce sujet est une priorité nationale. Ce n’est pas demain la veille que l’accueil à la française sera inscrit au patrimoine de l’UNESCO. Et pourtant, c’est le voeu que je forme.

Gare « à vous » mardi, 28 décembre 2010

Il est une expression qui fleurit depuis quelques années et qui me sort par les trous de nez, c’est : "à vous".

J’avoue qu’à vous, ça m’ troue, ça m’ gonfle, ça m’escagasse.

Bon réveillon à vous.

Bon après-midi à vous

Bonnes fêtes à vous

Bon appétit à vous

Bonne dégustation à vous

Et bonne continuation à vous

Quand on est deux dans la même pièce et deux seulement et que la vendeuse me dit : "et bon réveillon à vous", en quoi cette précision apporte-t-elle quelque chose ?

C’est un peu plus énervant que quand un maître d’hôtel vient dire : "excellent appétit" ou "excellente dégustation", le "excellente" ayant un petit côté vaseline qui m’horripile.

Alors, faudra-t-il créer un comité anti "à vous" ?

Il faut que l’on gare à vous, il faut que l’on garde à vous pour les occasions où il est approprié :

"à vous les studios" disent les journalistes qui ne veulent plus être à l’antenne (ce qui est extrêmement rare)

"à vous de jouer" disent les croupiers.

"Le lot 342 est à vous" dit le commissaire priseur, effondré qu’on ait pu enchérir aussi haut pour un lot sans valeur. Et nous avec ce mot sans valeur.

Le prince d’Eckmühl, Davout, aurait certainement aimé qu’on lui dise : "bon après-midi à vous". Il aurait répondu : "non, moi, c’est Davout".

A vous – ez que "à vous" est totalement horripilant.

A exclure.

A vous de jouer.

Gare de Tokyo et Gare de Lyon mercredi, 15 décembre 2010

Après avoir dormi seulement trois heures, je prends avec mon épouse un train en direction d’Avignon pour assister aux obsèques d’une cousine très chère emportée par une maladie incurable. Lorsqu’on a le souvenir des gares de Tokyo, Kyoto et Fukuoka, arriver à la Gare de Lyon fait un choc. Comment un pays comme la France peut-il revendiquer le rang de grande puissance ou se croire encore dans le peloton de tête des pays de la planète, s’il accepte que l’on vive dans une telle saleté. Tout ici est sale. Les abords de loueurs de voitures sont des pièges à saleté et croulent sous les odeurs d’urines des voyageurs qui ne veulent pas payer pour se soulager.

Des toilettes publiques sont fermées, sans doute parce que la dame-pipi a pris ses RTT. Bon. Nous allons à d’autres toilettes, et là, le spectacle est assez édifiant. Une femme plantureuse est assise derrière une grande vitre trouée d’un hygiaphone. Autour d’elle, des fleurs en plastique qui n’ont pas connu de plumeau depuis des lustres. Elle dialogue avec un micro donnant du volume à sa voix, et sa seule préoccupation est de recueillir les 50 centimes nécessaires aux hommes pour une place debout ou la somme correspondant aux places assises. J’imagine volontiers que les feuilles de papier sont données au compte-goutte, car les distributeurs sont tous vides. On est obligé de passer par un tourniquet étroit qu’elle libère si l’on a payé. Les jeux de valises qui ne passent pas par le tourniquet sont assez cocasses. Et à l’intérieur, c’est la saleté congénitale des français qui nous a tellement dépréciés aux yeux des étrangers. Il est évident que cette femme est d’abord caissière – on imagine assez bien les problèmes des étrangers sans monnaie – et en aucun cas nettoyeuse de ces édicules. C’est honteux, indigne, et montre que notre pays s’enfonce en courant dans son sous-développement.

Les TGV eux-mêmes sont sales, les toilettes dans les trains sont d’une grande saleté. Qui aura un jour l’envie de redonner à la France l’envie d’être fière d’elle-même ? Et rien ne peut se construire s’il n’y a au départ la recherche de la propreté, de l’amabilité, du respect des autres. Penser qu’il y a des princes qui nous gouvernent qui considèrent comme une chance d’ajouter encore en France dix millions de personnes de plus dans les trente ans à venir ! On aimerait bien qu’ils remettent les pieds sur terre, passant plus de temps à observer la France telle qu’elle est devenue, plutôt que de doser si une alliance avec les centristes sera plus porteuse de voix au moment des régionales ou de la présidentielle qu’une alliance avec le diable frontiste.

France, qu’es-tu devenue ?

hommage à une diva de la danse et dîner au restaurant de la Maison Blanche lundi, 6 décembre 2010

Un hommage exceptionnel est rendu au Théâtre des Champs Elysées à la danseuse étoile Maia Plissetskaia pour ses 85 ans. L’organisateur est l’association "les amis des saisons russes de XXIème siècle". L’un des sponsors est le champagne Meunier & Cie repris depuis un peu plus d’un an par Julia Goncaruk. C’est grâce à un fidèle ami que je suis invité à ce spectacle exceptionnel.

Le rideau se lève. Un pas de deux est exécuté de façon assez athlétique. Le noir se fait puis un halo de lumière éclaire la diva. Cette femme aux gestes pleins de grâce est d’une folle jeunesse. On lui donnerait facilement 35 ans de moins. Elle s’assied près de Pierre Cardin et le spectacle commence. Il est d’une rare qualité avec des danseurs du Bolchoi, du Marilnski, de l’Opéra de Vienne et de l’Opéra de Paris qui parcourent un patchwork de tous les ballets que Maia a sublimés : lac des cygnes, Carmen, Don Quichotte, Giselle, Shéhérazade, le Corsaire et beaucoup d’autres.

Un repas est prévu ensuite au restaurant de la Maison Blanche. L’apéritif se fait au champagne Meunier & Cie que je trouve léger, fluide, frais et agréable à boire, d’un dosage pertinent. Julia est jeune et belle, vit à Londres et a de belles ambitions pour son champagne d’Ay. Elle connaîtra le succès.

Le menu est : amuse-bouche (petite crème de légumes rouges) / chair de tourteau, gelée de pamplemousse et salade croquante / suprême de volaille fermière rôtie, gratin de macaroni, sauce Albufera / Panna Cotta pistache, framboises fraîches, granité de sangria et mousse légère.

Les vins sont un Chablis William Fèvre 2008 de belle consistance, qui sait donner un joli coup de fouet au champagne Meunier qui prend de la matière, et un Brulières de Beychevelle 2004. Ce rouge flatteur et boisé fait partie des vins de tendances qui ne sont pas pour moi. La volaille, manifestement tenue au chaud pendant des heures est sèche comme un coup de trique.

Les participants sont nombreux d’origine russe, ou issus de la danse, mais aussi du "Tout-Paris". Les cartes de visite s’échangent avec des promesses de se revoir. Les danseurs nous rejoignent pour dîner. Cela me fait instantanément penser à l’albatros : sur scène, ce sont des personnages que l’on idéalise, aux corps touchés par une grâce divine. A table, ils redeviennent des humains.

Le plus fascinant de cette soirée, c’est la grâce extrême et la jeunesse d’une danseuse étoile de 85 ans.

retour en France jeudi, 25 novembre 2010

On dirait qu’Air France a voulu préparer notre atterrissage en douceur pour retrouver le mode de vie français – après tout, l’atterrissage, c’est leur métier – car notre avion part avec une heure de retard. Une anomalie de moteurs nécessite une réparation qui oblige à couper les moteurs auxiliaires. La climatisation ne fonctionne plus et la température dans la cabine atteint vite les 30°. Aucune annonce n’étant faite, on maudit rapidement l’équipage. Au moment du repas, ma femme déplie sa tablette rangée dans l’accoudoir en deux morceaux, et au lieu de se mettre à l’horizontale, elle reste pliée. Un steward nous dit : "ça arrive souvent. Je vais vous arranger ça". Il ne l’a pas fait. Le voyage de retour sur l’A380 fut beaucoup moins plaisant qu’à l’aller.

Entre le moment où les roues de l’avion ont touché le sol et le moment où nous avons quitté Roissy, il s’est écoulé une heure et demie, la palme étant au temps nécessaire pour que les bagages arrivent sur leur tapis. Le seul passage vraiment court, c’est le passage en douane, où aucun contrôle sérieux n’est effectué. La France terre d’accueil, c’est une réalité. L’immersion est réussie : nous sommes vraiment en France, les encombrements pour notre retour à domicile dépassant, en un trajet, ce que nous avons connu au Japon en onze jours.

photos du Japon 2 mercredi, 24 novembre 2010

Le gong, puis un vœu

dans le jardin

le héron

le temple doré

la musique d’accueil de l’hôtel

le restaurant Kitcho – une salle pour nous tout seuls

champagne Salon 1996 et Dom Pérignon 2002

madame Tukuoka au sourire énigmatique

Tomo est heureux

Madame Tukuoka boit le Krug Clos du Mesnil 1996

les champagnes

un singe

Tomo et moi

dîner à l’hôtel de Kyoto

Shabu shabu

chauffeur de taxi en gants blancs et casquette

notre train pour Fukuoka

sleeping beauty

restaurant Izumi

le poisson Fugu (devant, la peau, au centre les deux nageoires latérales et tout autour de fines tranches de la viande du poisson)

le poisson Fugu, mais vivant

sur cette photo, qui est le sumo ?

photos des sumos et des combats

 

restaurant Hiramatsu à Fukuoka

restaurant Kondo de tempuras

tempura de clams

photos du Japon 3 mercredi, 24 novembre 2010

un bouddha sur fond de jardin

le jardin du musée

des japonaises attendent pour la cérémonie du thé dans une des petites maison du jardin du musée

vue de l’hôtel Park Hyatt du dernier étage de l’immeuble d’où nous ferons le tour de la ville en hélicptère

arrivée de l’hélicoptère

la ville vue d’hélicopère

le restaurant Kozue de l’hôtel Park Hyatt (encore un shabu shabu de Wagyu)

de nouveau le Fuji Yama pour notre dernier jour

le restaurant New York Grill du Park Hyatt

le Corton Charlemagne Coche Dury 2003 et la Romanée Saint-Vivant Domaine de la Romanée Conti 2001

la magique entrecôte de boeuf de Kobe

une dernière fois, la vue du 52ème étage de l’jôtel Park Hyatt

A bientôt, c’est sûr

classements finaux des retaurants et des vins au Japon mercredi, 24 novembre 2010

Classement des restaurants dans l’ordre des préférences :

1. restaurant Isshin à Kyoto spécialiste du bœuf Wagyu (deux étoiles Michelin). Vins : bière Yebisu pure malt, Cloudy Bay Pinot Noir Nouvelle Zélande 2008. Classé premier à cause de la qualité extrême des viandes, et de l’originalité des présentations.

2. restaurant Arashiyama Kitcho à Kyoto restaurant typique japonais (trois étoiles Michelin). Vins : Champagne Dom Pérignon étiquette verte Andy Warhol 2002, Champagne Salon 1996, Champagne Krug Clos du Mesnil 1996. Pourrait être classé premier pour l’originalité extrême des présentations et du service, d’un niveau incomparable. Mais les saveurs créent moins de surprise que celles du restaurant Isshin.

3. restaurant Hiramatsu à Fukuoka. Vins : Corton-Charlemagne Bonneau du Martray 1990, Côte Rôtie La Mouline Guigal 1990. Cuisine française irréprochable et qualité des sauces de très haut niveau. Décor m’as-tu-vu.

4. restaurant Kozue de l’hôtel Park Hyatt, cuisine japonaise traditionnelle. Vins : Chevalier Montrachet Grand Cru Domaine d’Auvenay Lalou Bize-Leroy 1998, Bonnes Mares Grand cru Domaine Georges Roumier 2001. Décor agréable, service parfait, d’une attention remarquable, produits de grande qualité.

5. restaurant Joël Robuchon à Tokyo (trois étoiles Michelin). Vins : Champagne Alain Robert Tradition, Mesnil "non pareil" 1990, Champagne Dom Pérignon Œnothèque 1990, Morey-Saint-Denis premier cru Clos Sorbé Frédéric Magnien 2005. Décor sublime, cuisine parfaite, service moyen. Il manque un supplément d’âme à ce lieu de haut niveau

6. restaurant Ginza Kyubei spécialiste des Sushis à Tokyo. Vins : champagne Dom Pérignon 2000, Pouilly-Fuissé au nom non noté. Très belle présentation se sushis originaux.

7. restaurant Kondo à Tokyo spécialiste des tempuras (deux étoiles Michelin) : bière pression, bière bouteille et saké. Décor très limité mais expérience très originale de rempuras très goûteux

8. restaurant Izumi spécialiste du poisson Fugu à Fukuoka : bière et saké. C’est peut-être l’expérience la plus originale, mais le fugu n’est pas un poisson très inspirant. Et il y a la monotonie des sauces.

9. restaurant japonais de l’hôtel Hoshinoya Ryokan à Kyoto : bière et saké. Joli hôtel, jolie salle privée, cuisine simple sans prétention.

10. restaurant français du 52ème étage de l’hôtel Park Hyatt Tokyo. Vins : Corton-Charlemagne J.F. Coche-Dury 2003, Romanée Saint-Vivant Domaine de la Romanée Conti 2001. Malgré le bœuf de Kobe, le manque d’originalité du lieu justifie cette place, même si le restaurant présente de l’intérêt.

Classement des vins :

1. Corton-Charlemagne J.F. Coche-Dury 2003

2. Côte Rôtie La Mouline Guigal 1990

3. Champagne Krug Clos du Mesnil 1996

4. Champagne Salon 1996

5. Bonnes Mares Grand cru Domaine Georges Roumier 2001

6. Champagne Dom Pérignon Oenothèque 1990

7. Chevalier Montrachet Grand Cru Domaine d’Auvenay Lalou Bize-Leroy 1998

8. Corton Charlemagne Bonneau du Martray 1990

9. Romanée Saint-Vivant Domaine de la Romanée Conti 2001

Les trois premiers vins sont assez nettement au dessus des autres.