Archives de catégorie : billets et commentaires

quelques commentaires et vues de Miami lundi, 6 février 2012

Miami est assez fascinant. Si l’on décidait de recenser les cent plus beaux hôtels particuliers de Paris et Neuilly-sur-Seine, et si l’on comptait à Miami les maisons qui ont un luxe au moins égal, on en trouverait facilement plus de cent fois plus. Et en incluant Palm Beach ce serait peut-être cinq cent fois plus. L’opulence est inimaginable. Les rues sont d’une propreté extrême, les jardins ont un entretien de rêve, les haies sont toutes taillées par des artistes. Dans les rues, pas d’encombrement. On se gare presque partout où l’on veut, et la ville regorge de lieux de loisirs, stades, parcs, plages, sports nautiques. Dans les zones où nous nous rendons, on est loin de sentir la crise. Les hôtels sont luxueux, décorés avec goût et avant-garde. Où est donc la crise ? Par ailleurs, le message écologiste n’est pas parvenu jusqu’ici, car les tailles des pickups sont monstrueuses. Des gouffres à pétrole. Mais comme il n’y a pas d’encombrement et comme on roule doucement, sans agressivité, rien ne dit qu’ils consomment plus que les voitures parisiennes paralysées dans les encombrements. Cette ville est attachante, sereine, facile d’usage. Bien sûr, il y a des faces cachées que nous ne voyons pas. Mais la vie ici est calme, sereine, assumée. Par rapport au stress parisien teinté de pessimisme, ça fait du bien.

Voici quelques photos glanées de-ci-delà :

Les voitures sont souvent gigantesques

Et parfois amusantes

Le phare de la pointe de la plage de Key Biscane

Le bateau en pierre de la Villa Vizcaya

Une belle prend la pose à la Villa Vizcya

La piscine de l’hôtel Raleigh

Promenade en vélo. Au fond on aperçoit Miami Beach

A 7h du matin en bas de notre chambre des pom-pom girls encouragent des marathoniens de leurs cris

Les marathoniens avec un policier pour la sécurité

L’arbre aux vœux dans le parc de la fondation Fairchild

Art et nature à la fondation Fairchild

Hôtel Mondrian la piscine donne sur le bras de mer entre Miami Beach et le continent

L’entrée décorée par Starck de l’hôtel Mondrian

Des policiers font une pause casse-croûte. Leurs pistolets sont imposants

On ne peut pas ne pas finir sur un mythique camion américain.

Nous quittons Miami avec le regret d’avoir écourté notre visite de deux jours du fait de la grève d’Air France, et avec l’angoisse de devoir affronter trente degrés d’écart de température entre Miami et Paris. Miami nous a conquis, car ici, le plus souvent, l’esprit positif domine. Au moment où j’écris, la « marche des gueux » occupe le vignoble d’Yquem pour demander un meilleur partage des richesses. Il n’y a pas que le choc des températures qu’il va falloir supporter à notre retour en France !

cristallisation sensible (suite) jeudi, 5 janvier 2012

A la suite de ma question sur ce sujet, j’ai pu trouver que le sujet est traité sur le site « la passion du vin », qui est une mine de renseignements.

On m’a communiqué des liens, dont certains favorables et d’autres fortement critiques, et un ami de langue anglaise m’a aussi donné des liens :

http://www.biodyvin.com/conferences/cristallisation_sensible.pdf

http://cristauxsensibles.blogspot.com/

http://www.vinimage.com/index.html

http://www.dailymotion.com/video/xhj9ll_cristallisation-sensible-de-vin-de-bordeaux_tech

http://www.coulee-de-serrant.com/cristallisations.html

http://www.kristiankielmayer.com/2009/08/energy-in-wine-the-crystallization-of-wines-bonny-doon-winery/

http://www.amazon.com/Sensitive-Crystallization-Visualizing-Qualities-Wines/dp/0863158021=

http://lepinarddechaine.over-blog.com/article-cristallisation-sensible-impact-de-la-provenance-du-soufre-dans-le-vin-86139649.html

http://www.charlatans.info/anthro.shtml#cristal

A vous de vous faire votre propre idée sur le sujet.

un mois de décembre 2011 d’une activité folle mardi, 3 janvier 2012

Jamais mois ne fut aussi actif que ce mois de décembre, au cours duquel j’ai bu 165 vins différents.

Il faut dire que les activités n’ont pas manqué :

Académie des vins anciens, Grand Tasting, visite au siège des champagnes Deutz, lancement de Dom Pérignon 2003, déjeuner Apicius, dîner de vignerons au restaurant Laurent, dîner chez moi, vins d’Egon Müller aux Caves Legrand, dîner de vins au restaurant Michel Rostang, dîners de famille, déjeuner de conscrits, dîner de Krug à l’Assiette Champenoise, réveillon de Noël, dîners dans le sud et réveillon de fin d’année.

Seuls seront cités les vins de vingt ans ou plus. Il y en a 82, juste la moitié :

Château Sigalas Rabaud Sauternes 1896

Château Meyney 1914

Château du Breuil Coteaux du Layon cave Nicolas 1921

Château Caillou Haut-Barsac 1921

Corton, Emile Chandessais, négociant à Fontaines, près Mercurey 1929

Sauternes Soleil de France années 1930

Clos Vougeot Armand Naulot 1937

Clos de Tart 1945

Richebourg Théophile Gavin 1947

Champagne Charles Heidsieck 1949

Vin de l’Etoile, Coopérative vinicole de l’Etoile 1952

Pétrus 1952

Château La Gaffelière Naudes 1953

Hermitage Rochefine Jaboulet Vercherre 1955

Pernand Vergelesses Joseph Drouhin 1955

Vouvray demi-sec Domaine Albert Moreau 1955

Château Croizet-Bages 1957

Volnay Caillerets Bouchard Père & Fils 1959

Champagne Henriot Cuvée des Enchanteleurs 1959

Châteauneuf-du-Pape Domaine de Mont-Redon 1961

Pommard 1er Cru Rugiens Domaine Pierre Clerget 1961

Gevrey Chambertin 1er Cru Clos Saint-Jacques Domaine Clair Daü 1961

Château Brane Cantenac 1962

Rivesaltes Cuvée Aimé Cazes vin doux naturel 1963

Bourgueil Les Busardières rouge domaine de la Chevalerie 1964

Château Palmer 1964

Château Lafaurie-Peyraguey 1964

Champagne Dom Pérignon Œnothèque magnum 1966

Champagne Dom Pérignon 1966

Château d’Yquem Sauternes 1966

Château d’Yquem 1967

Champagne Chanoine Frères à Ludes Grande année 1969

Champagne Dom Pérignon 1969

Champagne Billecart-Salmon Cuvée Nicolas François Billecart 1969

Château Lafite-Rothschild 1970

Oestricher Lenchen Riesling Auslese Weingut Norbert Eser 1971

Château La Mission Haut-Brion magnum 1972

Romanée Comte Liger-Belair 1974

Champagne Brut millésimé Deutz 1975

Château Filhot 1975

Chateau d’Yquem 1975

Domaine Weinbach Collette Faller Gewürztraminer Vendanges Tardives 1976

Champagne Dom Pérignon 1976

Champagne Krug 1976

Chassagne-Montrachet rouge 1er Cru Boudriottes domaine Ramonet 1978

Vin de l’Etoile Coopérative Vinicole de l’Etoile 1979

Champagne «Rare» de Piper Heidsieck 1979

Grands Echézeaux Domaine Henry Lamarche 1979

Pavillon Blanc de Château Margaux 1981

Vega Sicilia Unico 1981

Champagne Brut millésimé Deutz 1982

Château Léoville-Barton 1982

Wehlener Sonnenuhr Riesling Auslese Joh. Jos. Prum 1983

Champagne Salon magnum 1983

Chambertin domaine Armand Rousseau 1983

Champagne Henriot Cuvée des Enchanteleurs 1983

Romanée Conti Domaine de la Romanée Conti 1983

Champagne Cuvée William Deutz 1985

Musigny Vieilles Vignes Domaine Comte de Vogüé 1985

Champagne Delamotte Blanc de Blancs 1985

Château de Beaucastel Chateauneuf-du-Pape blanc 1987

Champagne Cuvée William Deutz 1988

Chevalier Montrachet Domaine Bouchard Père & Fils 1988

Chablis Grand Cru Blanchot Vocoret 1988

Château Rayas Chateauneuf-du-Pape 1988

Champagne Taittinger Brut Millésimé 1989

Champagne Blanc de Blancs Deutz 1989

Scharzhofberger Auslese Goldkapsel Egon Müller 1989

Champagne Krug Vintage 1989

Château Haut-Brion 1989

Champagne Taittinger Brut Millésimé 1990

Champagne Cuvée William Deutz 1990

Hermitage Les Bessards Delas 1990

Corton Charlemagne Bonneau du Martray magnum 1990

Hermitage Les Bessards Delas Frères 1990

Chambertin Grand Cru Vieilles Vignes Domaine Rossignol Trapet 1990

Champagne Dom Ruinart 1990

Champagne Dom Ruinart 1990

Champagne Dom Ruinart 1990

Champagne Krug Clos du Mesnil 1990

Musigny Blanc GC Domaine Comte de Vogüé 1991

Ermitage Cuvée Cathelin Chave 1991

Qui pourra m’aider ? lundi, 2 janvier 2012

Qui pourra m’aider ?

La contre-étiquette du Chevalier-Montrachet Domaine Leflaive 2000 porte cette indication :

Image de la récolte 2000 par cristallisation

L’analyse de cristallisation sensible permet de visualiser une substance vivante et ses qualités subtiles. La trame, la régularité, la finesse, l’organisation des aiguilles, la netteté du centre et la structure périphérique indiquent l’énergie, la race et le potentiel d’un vin.

Ce que je vois, c’est le crâne d’un individu coiffé en brosse, vu du dessus. Les cheveux courts paraissent réguliers. Que pourrais-je voir d’autre ?

Si quelqu’un peut m’expliquer, je suis intéressé.

Une sauce au Beaucastel vendredi, 30 décembre 2011

Jean-Philippe me demande si j’ai un vin ordinaire pour la cuisson du chevreuil. Ma réponse fuse : « chez moi, il n’y a pas de vin ordinaire ». Ce qui évidemment n’est pas vrai.

Je descends à la cave et je remonte un Côtes du Rhône rouge de A. Arène Malosse et fils vignerons à Bagnols-sur-Cèze. Je lis sur l’étiquette : « Médaille d’or Nîmes 1924 » et quatre médailles d’or au concours général agricole de Paris en 1952, 1956, 1960 et 1962.

Et sur la contre-étiquette qui n’a pas de millésime, on lit « mise au domaine » et « à servir très frais », ce qui paraît curieux pour un Côtes du Rhône » qui a tout l’air d’être un rouge.

Et, lorsque mon œil se porte sur le haut de l’étiquette, on lit : « Haut-Castel », mais le « H » est dessiné d’une façon suffisamment ambiguë pour qu’on puisse lire un « B ».

Est-ce volontaire ou non ? Car très vite, on lit « Baut-Castel », et on pense Beaucastel, ce qui ressemble à ces tricheries de faussaires qui essaient de faire croire qu’un picrate serait un grand vin.

La morale sera sauve, car le vin est si affreux qu’il ne pourrait même pas entrer dans une sauce. C’est en fait un Visan 1971 Côtes du Rhône de la Cave « les Coteaux », qui a rejoint le chevreuil du repas du réveillon dans la casserole de marinade.

Non, la sauce n’a pas été faite au Beaucastel, ni au « Haut-Castel » en forme de « Baut-Castel ».

Yquem 1992 ? mardi, 27 décembre 2011

Dans la cave de ma maison, j’ouvre les bouteilles d’un repas. Sur la table où j’officie, des bouchons et des capsules rappellent des moments heureux.

Mon oeil est attiré par un bouchon, car je ne peux pas m’être laissé piéger par une anomalie :

C’est impossible, puisque Yquem 1992 n’a jamais existé. Piégé ? Non, pas possible !

Je retourne le bouchon et voici la réponse :

C’est un Yquem 1950 rebouché en 1992.

Cette bouteille a été bue en 2006 et voici ce que j’en avais dit :

Yquem 1950 va susciter des clans. Ma femme qui ne boit presque jamais, sauf les Yquem, trouve sa couleur très belle, son nez magnifique et son goût adorable. Mon fils aime tout en ce vin. Je suis moins content de la couleur que je trouve trop brune. J’approuve le nez, mais comme j’ai une petite prévention contre les Yquem caramélisés, je ne suis pas totalement convaincu. Mais il faut lui faire un compliment : il est tout-à-fait dans la ligne d’Yquem 1921, quasiment à son niveau pour cette bouteille là. Bien sûr, je préfère les 1928, 1947 ou 1955, mais on doit reconnaître que c’est un Yquem fort typé et grand.

Le jour le plus long de mon année de vin samedi, 10 décembre 2011

Aujourd’hui, c’est le jour le plus important de l’année, quand il s’agit de vin. Alors que les aventures se succèdent et que je vais d’émerveillement en émerveillement, j’ai toujours le même enthousiasme et au réveil, mon cœur bat comme pour un premier rendez-vous amoureux. Depuis onze ans, j’organise un dîner annuel de vignerons appelé le dîner des amis de Bipin Desai, célèbre collectionneur américain d’origine indienne. Et, disons-le tout simplement, je suis fier que des vignerons dont je célèbre les vins soient devenus des amis. Le simple énoncé des vins et de ceux qui les apportent montre l’ampleur de l’événement :

Champagne Salon magnum 1983 (Didier Depond qui devait venir mais a eu un empêchement), Champagne Dom Pérignon Œnothèque magnum 1966 (Richard Geoffroy), Corton Charlemagne Bonneau du Martray magnum 1990 (Jean-Charles de la Morinière), Musigny Blanc GC Domaine Comte de Vogüé 1991 (Jean-Luc Pépin), Château de Beaucastel Chateauneuf-du-Pape blanc 1987 (Jean-Pierre Perrin), Château La Gaffelière Naudes 1953 (François Audouze), Château Palmer 1964 (François Audouze), Clos de Tart 1996 (Sylvain Pitiot), Musigny Vieilles Vignes Domaine Comte de Vogüé 1985 (Jean-Luc Pépin), Chambertin domaine Armand Rousseau 1983 (Eric Rousseau), Volnay Caillerets Bouchard Père & Fils 1959 (Joseph Henriot), La Romanée Comte Liger-Belair 1974 (Louis-Michel Liger-Belair), Richebourg Théophile Gavin 1947 (François Audouze), Clos de Tart 1945 (Sylvain Pitiot), Hermitage Les Bessards Delas Frères 1990 (Jacques Grange), Champagne Henriot Cuvée des Enchanteleurs 1959 (Joseph Henriot), Château d’Yquem 1967 (Pierre Lurton non présent).

Le cas de Pierre Lurton mérite d’être signalé. Dès que j’ai lancé les invitations, Pierre savait qu’il ne pourrait venir. Or il a tenu à être présent dans nos pensées en offrant un vin, et pas n’importe lequel.

Entretemps, Bipin Desai a souhaité déjeuner avec moi. Nous allons au restaurant Apicius. La liste ci-dessus est colossale pour douze personnes à table. En rajoutant un déjeuner, comment va se terminer la journée ?

visite impromptue au restaurant de Michel Rostang mercredi, 16 novembre 2011

Je quitte ma fille pour aller rencontrer Michel Rostang dans son restaurant, pour la mise au point d’un prochain dîner. Nous devisons et je sors de ma musette le reste du Henri Bonneau Réserve des Célestins 2001 pour trinquer avec Michel et avec son fidèle sommelier Alain. Nous sommes conquis par le côté soyeux de ce vin élégant qui rappelle parfois de grands vins de Bourgogne. Ce vin d’Henri Bonneau m’a donné un plaisir rare.