Archives de catégorie : billets et commentaires

Village de Chefs et Café Pinson lundi, 14 janvier 2013

Je suis invité à une réunion des chefs de « Villages de Chefs« . C’est une association de chefs cuisiniers francophones disséminés sur toute la planète. Le rendez-vous s’appelle « escale de chefs« . Lorsque j’arrive, il y a une liaison par internet entre des chefs présents dans la salle et des chefs au Japon. Ils parlent de saké. Rien n’est vraiment fait pour accueillir les visiteurs, et cette discussion de congratulations réciproques m’est plutôt étrangère. On me tend un verre de saké qui titre 12°, dont l’attaque est assez belle, mais dont le goût s’éteint assez vite. Je grignote des petits fours aux goûts incertains et comme rien n’est fait pour que les conversations se nouent, je quitte prématurément l’endroit pour me rendre au Café Pinson.

Comme le dit l’ardoise, c’est une cuisine bio et de haute vitalité. La soupe chaude est excellente. Le plat de lentilles est goûteux. Le plat au quinoa est goûteux, mais comme la mâche du quinoa est assez ennuyeuse, on gagnerait à diviser la portion par deux. Le jus de fruit est un régal et donne l’impression qu’on rajeunit en le buvant. Le yaourt à la crème est léger à souhait.

C’est l’ambiance qui vaut le détour, car le lieu est jeune, tonique, et le personnel hautement dynamique. Si l’on cherche la catégorie dans laquelle ranger ce délicieux endroit, en fait, c’est simple : on regarde où se situe l’Ami Louis, et on se dit : c’est juste à l’opposé.

en plus, c’est très raisonnable !

un livre : « Des hommes, des vins et des émotions » jeudi, 10 janvier 2013

C’est le titre du nouveau livre de Nicolas de Rabaudy paru aux éditions du Rocher.

Nicolas dans ses débuts, faisait les chroniques théâtre et spectacles pour Paris Match.

Par une succession de hasards heureux, il s’est occupé de gastronomie pour le Gault & Millau puis de vins pour le Savour Club.

Il a lancé des restaurants et sa voie s’est tracée dans la gastronomie et dans l’œnologie.

Un des grands coups de pouce du destin a été sa rencontre avec le Baron Edmond de Rothschild.

Dans ce livre très personnel de souvenirs, il évoque des personnalités du monde du vin, avec un style enjoué et dynamique, qui incite à la lecture.

A lire absolument.

On en pince pour le café Pinson jeudi, 10 janvier 2013

Lecafé Pinson, 6 rue du Forez 75003Paris, c’est « the place to be ». La décoration très Soho, le Soho de New York, invite à s’y asseoir. La nourriture prend soin de vous, comme le dit élégamment l’article du site « lefooding.com » :

http://www.lefooding.com/tout-nouveau-tout-chaud/cafe-pinson.html

alors, on y court, et après y avoir goûté on en ressort gai.

Gai comme …

Gai comme ???

Je vous aide : gai comme un pinson…

Et léger en plus !

Déjeuner au restaurant Septime jeudi, 10 janvier 2013

Restaurant Septime 80 Rue de Charonne, 75011 Paris. Dès l’entrée, l’ambiance est sympathique, jeune. Les tables sont en bois brut vieilli et la décoration semble stoppée net. Ce côté « non fini » est plutôt sympa.

Les serveurs sont jeunes, motivés, et expliquent les plats de façon chaleureuse.

L’atout du lieu, c’est la cuisine. Inventive, fondée sur des produits de qualité, elle est intelligente. Et c’est très plaisant, car on sent que ça bouge. Tout est goûteux et par certains côtés, cela m’évoque la cuisine belge, en plein mouvement.

Comme au Danemark, la carte des vins est très sélective, orientée « nature » ou avant-garde. On peut y faire de bonnes pioches, comme un Fleurie servi au verre, dont j’ai oublié le nom.

Dans une ambiance très sympathique et souriante, j’ai vraiment très bien déjeuné.

Le menu : velouté de potimarron, boudin basque, croutons / bouillon de champignons, huître, foie gras / bœuf fumé, ricotta, olive noire / merlu de ligne, racines, épices douces / poitrine de cochon, chicon, betterave, tamarin / pomme, crumble, glace au pain.

un concert pour une bonne oeuvre samedi, 5 janvier 2013

Je n’ai pas l’habitude de faire de promotion d’événements, mais ici, c’est pour la bonne cause. Une amie d’enfance, Alix Chapulut, organise un concert au profit de l’association IMAGE (Investigation des Maladies Génétiques de l’Enfant). C’est un outil essentiel pour les progrès de la recherche sur les maladies génétiques, recherches dans lesquelles les équipes françaises, en particulier celle de Necker, sont particulièrement performantes. Le pianiste Yves HENRY donnera le 20 février à 20h, à la mairie du 6ème arrondissement, un récital Chopin. Vous trouverez joint un bulletin d’inscription. C’est joindre l’utile à l’agréable que d’y aller. Les deux fichiers joints ci-dessous donnent toutes les informations.
ConcertBulletindInscription.pdf
ConcertRcitalChopin.pdf

Le vin du réveillon lundi, 31 décembre 2012

Ma femme va acheter les poissons pour le dîner de ce soir.

Le poissonnier lui donne un vin pour le réveillon.

Elle lui dit : « vous savez, mon mari a deux ou trois vins prévus pour ce soir ».

Il lui répond : « qu’il prenne celui-ci, il m’en dira des nouvelles ».

Alors, toute affaire cessante, c’est celui-ci que nous boirons.

 

Petit bilan de 2012 avant inventaire lundi, 31 décembre 2012

Chers lecteurs de mon blog,

Au cours de cette année, j’aurai bu probablement autour de 1.200 vins, avec des raretés comme jamais je n’aurais pu l’espérer. Et j’ai enfin atteint un rêve que je m’étais fixé lorsque j’ai démarré mon parcours dans le monde du vin : lorsque quelqu’un a des vins rares à ouvrir, que ce soit sur une base amicale ou sur une base payante (ce qui n’exclut pas l’amitié), on me fait signe beaucoup plus naturellement. Le plus souvent, cela vient de vignerons, qui m’invitent à les visiter, mais cela vient aussi de collectionneurs qui ont envie de partager avec moi ou qui organisent des dîners payants.

Je ne me suis pas privé d’en profiter. Voici quelques événements qui ont marqué mon année :

Les invitations à partager des vins avec les vignerons :

– Rhône Vignobles avec une bonne trentaine de vignerons qui m’ont invité à parler de vins anciens et ont ouvert des vins anciens superbes

– les 2010 au domaine de la Romanée Conti

– les 2009 de la Maison Bichot

– verticale des vins de Pingus à Los Angeles

– dîner de gala de l’Académie du Vin de France

– les 2011 de la maison Bouchard Père et Fils et dîner de vins anciens

– les Master Class du Grand Tasting

– dégustation en cave au domaine de la Romanée Conti

Les événements inhabituels :

– le Bern’s Steak House à Tampa où il y a la plus grande cave au monde

– dîner à l’Ambroisie avec un magnum de Pétrus 1959, invité par une chinoise

Les événements payants où je me suis inscrit pour partager des vins rares :

– à Bochum avec un vin de 1727 et Pétrus 1929 et d’autres raretés

– dégustation à Graz de 41 millésimes de la Romanée Liger Belair

– dîner à l’Hostellerie Bourguignonne de Verdun-sur-le-Doubs avec 17 vins plus que centenaires

– dîner à Levernois lors d’une journée avec 46 vins du DRC dont 15 Romanée Conti

– dégustation des 2009 du DRC à Grains Nobles

Les événements d’amis que j’ai provoqués ou auxquels j’ai été associé :

– dîner au restaurant Taillevent avec des champagnes centenaires dont le Heidsieck 1907 trouvé dans la Baltique

– dîner au restaurant Laurent avec neuf vins du 19ème siècle

– dîner à Montbazon avec des vins inconnus du 19ème siècle, plus quelques icônes

Le moment le plus important de l’année :

– le dîner de vignerons que j’organise chaque année depuis douze ans, que j’ai raconté sur ce forum.

A cela s’ajoutent tous les événements familiaux et amicaux comme le réveillon de ce soir, où, comme l’an dernier, Jean Philippe fera la cuisine.

J’ai de plus en plus d’occasions pour ouvrir et partager des vins rares, de belle extraction ou de petite origine, la rareté étant ce qui m’intéresse, avec bien sûr l’espoir qu’il y ait aussi le goût que l’on attend.

Y a-t-il des vins qui m’ont marqué cette année plus que d’autres?

– le champagne Heidsieck 1907 provenant de bateau de la Baltique qui a passé cent ans dans l’eau, qui est probablement le plus grand champagne que j’aie bu

– le Bastardino Setubal 1912 partagé avec les vignerons de mon dîner de vignerons, bu en hommage à ma mère qui aurait eu cent ans deux jours après ce dîner

– la Romanée Conti 1922 que j’ai apportée aux journées de folie autour de la Romanée Conti.

– la Côte Rôtie Hubert Gachet 1928 qui est l’ancêtre de La Turque

– les Moët & Chandon 1914 et 1911 qui ne sortaient pas du domaine, mais de caves et furent sublimes.

– et tellement d’autres comme Hermitage La Chapelle1953 et 1959,

– etc..

Je ne sais pas si je pourrai faire aussi bien en 2013 qu’en 2012, mais je suis heureux de témoigner sur des vins qui appartiennent à l’histoire, et de provoquer (mais je ne suis pas le seul) que ces vins rares soient ouverts et soient bus.

Et si j’entraîne de nouveaux amis dans cette folle ronde, j’en suis heureux.

Bonne année à tous,

A 12h 12mn et 12 secondes le 12/12/12 mercredi, 12 décembre 2012

Dans mon entreprise industrielle, à 12h 12mn et 10 secondes, j’avais le bouchon en main. J’essaie de le tourner. Trop serré, je n’arrive pas à l’ouvrir.
Un collaborateur prend les choses en mains et l’ouvre, mais à 12h 12mn et 24 secondes.
A 12 secondes près, on ne va pas chercher la petite bête.

Par un hasard non calculé, nous étions douze à boire le Champagne Henriot Cuvée des Enchanteleurs 1996 en magnum.

Tout le monde a apprécié ce champagne intense, au fruit fort, aux saveurs de citron confit. Un champagne que j’aime beaucoup.

Je suis heureux d’avoir célébré ainsi cette conjonction unique : 12/12/12 à 12:12:12.

Que faire en ce jour quand on s’appelle Audouze ? mardi, 11 décembre 2012

Quand j’étais gamin, on m’a appelé des milliers de fois "au treize" et le plus surprenant est que chacun croyait qu’il était le premier à avoir inventé ce surnom !

Alors, quand le calendrier m’offre une date qui est 12/12/12, je me sens concerné !

A 12 heures 12, il va falloir que je me recueille.

Que vais-je faire ? Vais-je y penser ?

12 heures, 12 minutes, 12 secondes le 12/12/12, je crois que ça s’arrose.

A vérifier.

heurs et malheurs en cave jeudi, 6 décembre 2012

Le rangement en cave continue avec un ami fidèle. A la pause du midi, il faut soutenir le moral du combattant. Des bouteilles à niveau bas ou à incident grave ont été mises de côté. Je repère une bouteille d’Arbois à la jolie étiquette, dont le volume a baissé de moitié. Pourquoi de pas essayer quand on est sans illusion ? Dès que je décapsule le Vin d’Arbois Emile Nevers 1947, le bouchon glisse. Je tente de le rattraper mais il va plus vite que moi et plonge. Je verse deux verres et à ma grande surprise les arômes sont purs. Le vin n’est pas désagréable mais je conseille quand même à Emmanuel de cracher ce qu’il boit. Les trois ou quatre gorgées sont vivantes d’un vin qui a des intonations de vin rouge, mais il lasse vite.

J’ouvre alors une demi-bouteille de Mazy-Chambertin Maison Thomas Bassot 1945 au niveau très bas. Le bouchon résiste car il a aussi la volonté de plonger, mais je l’extrais. Le cri du bébé accouché est une puanteur que je connais, car elle disparaîtrait si nous avions quatre heures devant nous. Comme nous n’avons pas le temps, ce vin possible est aussi écarté. Je fais une nouvelle tentative avec une demi-bouteille de Château Longueville Baron 1956 qui est basse épaule mais dont le bouchon nage depuis un temps indéterminé. Là, le verdict est sans appel, nous sommes au rayon des vinaigres.

Ma patience ayant des limites, je prélève un Hermitage rouge Jean Louis Chave 2001 qui a au moins le mérite d’être du vin. Si j’avais mis cette bouteille de côté c’est que la baisse de volume, de cinq ou six centimètres est tout-à-fait anormale pour un 2001. Le bouchon ne montre aucun signe de faiblesse et n’apporte aucune explication. Le vin n’en souffre pas, plein de vitalité, avec de beaux fruits rouge foncé et de beaux tannins. La longueur est belle et joyeuse. Après trois cadavres, notre plaisir de revenir dans le monde des vivants n’en est que plus grand. Bien sûr, si l’on pousse l’analyse, il y a un léger goût torréfié qui signerait peut-être un coup de chaud avant l’arrivée dans ma cave, mais le bilan de ce vin est tout à son avantage.

Fort heureusement le nombre de bouteilles abîmées est faible, mais c’est toujours dommage de constater que l’on n’est jamais à l’abri de déconvenues. Le rangement de ma cave aidera à diminuer ce risque. Tant mieux.