Tuesday, April 29. 2008visite au Domaine Leflaive et petit crochet par la Romanée Conti
Je rends visite à Anne-Claude Leflaive au domaine Leflaive à Puligny-Montrachet. Elle est occupée par un rendez-vous qui se prolonge, aussi est-ce Antoine qui commence à me faire goûter. Le Puligny-Montrachet Domaine Leflaive 2006 est bien ouvert. Son nez est très aromatique et je sens instantanément la signature Leflaive. Il est fort, pas très long mais déjà d’une expression chaleureuse. Le Puligny-Montrachet Clavoillon Domaine Leflaive 2006 est très aromatique. Un perlant assez fort lui donne de l’amertume. Nous quittons maintenant les vins en fûts métalliques pour goûter des vins en bouteilles. Anne-Claude nous rejoint. Le Puligny-Montrachet Folatières Domaine Leflaive 2006 a la même signature que les deux autres. Il est très aromatique avec un final que je trouve un peu aqueux. Le Puligny-Montrachet les Pucelles Domaine Leflaive 2006 a un nez beaucoup plus subtil, impression qui se dégage aussi en bouche. Je le trouve romantique avec un final plus homogène. Le Bienvenue-Bâtard-Montrachet Domaine Leflaive 2006 a un nez plus discret. C’est un vin plus équilibré mais encore discret. Je pense à la crème de lait ce qui plait à Anne Claude. Je suis sensible à un léger perlant qui n’apparaît que dans le final, plus minéral et de jolie fraîcheur. Une deuxième gorgée me paraît meilleure car le vin s’est ouvert dans le verre. Le Bâtard-Montrachet Domaine Leflaive 2006 a un nez chaud et généreux. En bouche il n’est pas très ouvert. Il est plus délicat que les Bâtard-Montrachet plus anciens que je connais. Il reste aérien, tout en retenue. Subtil, fait de fruits blancs et de fleurs blanches, il a un final très pur dont j’aime la fraîcheur. Anne-Claude Leflaive me demande quel vin j’aimerais goûter au restaurant. Elle avait pensé à un Chevalier-Montrachet mais je lui confesse mon amour pour le Bâtard-Montrachet aussi prend-elle un Bâtard-Montrachet Domaine Leflaive 1990. Nous allons à pied au restaurant Le Montrachet avec Antoine dont je découvre qu’il sort de la même école militaire, mais hélas pour moi, trente cinq ans plus tard. J’avais beaucoup entendu parler de ce restaurant et j’avoue avoir été surpris de le voir jouer un peu en dedans, comme un vin dans sa phase de repli sur soi. Est-ce parce que l’on est en dehors des saisons actives ? Le service fait un peu « Belle au bois dormant ». Le Bâtard-Montrachet Domaine Leflaive 1990 a un joli nez de miel. Anne-Claude Leflaive lui trouve une évocation de vieille armoire mais précise que pour elle, c’est une qualité. Dans ce vin, tout s’est arrondi, intégré, avec une sérénité totale. Le vin réagit très bien sur des asperges vertes et blanches dont j’ai demandé que l’on simplifie totalement la présentation. Ce fut fait et bien fait. J’avais apporté une bouteille de Château d’Yquem 1984 à la couleur déjà sympathiquement dorée. Cette année est une des pépites d’Yquem car beaucoup d’amateurs l’ignorent. Sa pureté est saisissante. On sent l’abricot et la pâte de fruit. Le vin est juteux et joyeux. Sur un canard cuit de belle façon, l’Yquem gagne en longueur tout en devenant plus sec, ce qui lui va aussi bien. Sur un comté, il est assez à l’aise. Comme je l’avais pronostiqué, un roquefort trop salé bloque le goût d’Yquem. Un ananas agréablement goûteux cohabite avec le vin sans le faire vibrer. Mais le plus bel accord, c’est celui que nous avons trouvé avec Anne-Claude Leflaive en parlant de vins et de gastronomie et de l’école qu’elle est en train de créer pour apprendre et approfondir le vin, la vigne, les terroirs, dans une optique écologique et humaniste. Discutant avec Anne-Claude Leflaive des années non produites par Yquem, une divergence conduisit à un pari car j’avais pris la sage précaution de faire mine d’hésiter. Le Bâtard-Montrachet Domaine Leflaive 1990 que j’ai gagné aura encore plus de saveur quand je me remémorerai ce moment passé en compagnie d’une vigneronne de talent. Etant dans la région, je remonte vers le nord pour aller saluer Aubert de Villaine et Jean-Charles Cuvelier et leur montrer la feuille de match du centième dîner. Ma fierté d’avoir mis en premier dans mon vote la Romanée-Conti 1972, il me fallait la partager avec Aubert de Villaine. L’après-match, comme un bon vin, on voudrait que ce soit éternel. De retour chez moi, seul, je me verse un verre du Bâtard 1990 gardé de ce midi. Le vin est divinement épanoui, ayant gagné en magnitude, mais je me sens tellement bête de boire seul que j’arrête. Les derniers verres ont été trinqués avec mon fils le lendemain. Un vin avec mon fils c’est quand même infiniment plus chaud, surtout quand il est si bon. visite au Domaine Leflaive - les photos
Nous buvons les premiers vins 2006 en fûts.
Dégustation de vins en bouteilles, les 2006.
Plats délicieux l'un pour le Bâtard 1990, l'autre pour l'Yquem 1984.
Ananas qui cohabite sans plus avec l'Yquem Ces bouteilles ne seront pas bues, hélas ! Elles sont dans le bureau du domaine, évocations du passé prestigieux. Etiquettes pour habiller les 2006 mis en bouteilles. On habille le 1990, pari gagné !
Friday, April 18. 2008dîner au Domaine de Chevalier avec des vins en "3"
J’arrive chez Anne et Olivier Bernard, propriétaires de Domaine de Chevalier, pour le dîner qui est l’objet principal de mon voyage. Etant logé chez eux, j’ai le temps de prendre un repos salutaire, après les agapes de Pujols. Descendant dans la cuisine pour prendre de l’eau, je croise quelqu’un à qui je dis : « il me semble bien que je vous connais ». Tel Dom Gormas répondant à Rodrigue, il me répond : « peut-être ». C’est le sommelier qui travaille avec le traiteur Marc Demund, qui a composé le repas de ce soir, et avec lequel j’ai réalisé deux dîners au château d’Yquem. A l’heure dite, je me rends au salon décoré avec un goût très sûr, devant une cheminée qui réchauffe les jolies femmes. Pour nous faire patienter, Olivier nous sert un champagne Besserat de Bellefon rosé non millésimé qu’il avait ouvert lors d’un repas précédent. Ce rosé sympathique me rapproche un peu plus des champagnes rosés que je prise normalement assez peu. Olivier a choisi comme thème du dîner les vins en « 3 » dont il faudra trouver la décennie à l’aveugle. Cela paraît simple, car de dix ans en dix ans, les types des vins sont très différents. L’expérience va montrer que l’on se trompe facilement. Olivier nous demande si nous sommes effrayés par le chiffre « 13 », car il a poussé la règle du final en « 3 » jusqu’au nombre des convives. Sont présents autour d’Anne et Olivier Bernard : Stephan von Neipperg et son épouse, Robert Peugeot, son épouse et une amie, Alexandre de Lur Saluces, Aude et Xavier Planty, Patrick Baseden avec qui j’avais partagé le dîner à « La Poudette », mon ami américain S. et moi. Toujours au salon, nous buvons un Champagne Pol Roger Chardonnay 1993 très plaisant et très champagne. Olivier débouche une bouteille qui fait un petit pschitt, voire pas de pschitt du tout. C’est un champagne Krug Clos du Mesnil 1983. Malgré une bulle rare, ce champagne est d’un goût exceptionnel, d’une grande pureté de définition. Certains convives apprécient et d’autres sont hermétiques au goût des champagnes âgés. Je suis enchanté de l’exotisme de ce vin malgré un mûrissement qui me paraît supérieur à ce que j’en connais. Nous passons à table dans la salle à manger aussi élégamment décorée, avec des tons qui réjouissent le cœur. Le menu de Marc Demund est : amuse-bouche / noix de Saint-Jacques aux endives confites / émincé de volaille et foie gras aux morilles / fromages / gratin de pamplemousses rouges. Ce fut délicat. Découvrir les vins à l’aveugle est amusant. Mais cela monopolise les conversations, et quand on pense à trouver l’année, on analyse moins bien le vin. Cela donne aussi quelques piques acerbes sur des vins des vignerons présents. Comme au jeu de la vérité, c’est parfois brûlant, mais l’atmosphère riante et joyeuse gomme tout cela. Le Domaine de Chevalier blanc 1963 est assez acide ce qui limite un peu le plaisir, mais il faut dire que ce millésime ne l’aide pas beaucoup. Le Champagne Krug extra dry 1953 est un des nombreux cadeaux de mon ami S., qui nous aura comblés par des attentions savamment étudiées. Ce champagne est généreux, charmeur, et provient d’une année exceptionnelle que j’ai – pour une fois – immédiatement reconnue. Le Montrachet Domaine Ramonet 1983 de mon ami américain est étonnant, car il n’a pas le caractère extraverti des montrachets. Nous sommes plusieurs, dont des vignerons, à avoir pensé qu’il s’agissait d’un bordeaux, alors qu’Alexandre de Lur Saluces, mon voisin de table, a immédiatement reconnu la Bourgogne. Comme nous étions majoritaires à nous être trompés, on conviendra que ce n’était pas facile. Mais, honte sur nous. Le Château Margaux 1933 est d’une forte acidité. On sent le charme des margaux, mais sous un voile. A côté de lui, le Domaine de Chevalier rouge 1943 est magnifique de rondeur et de douceur. C’est lui qui a le vrai charme. Je me suis trompé de dix ans pour chacun des deux rouges et lorsqu’on m’annonce les millésimes, tout me paraît plus cohérent. Le Château Canon-La-Gaffelière 1953 est absolument grandiose, magnifique, superbe, épanoui. L’année est évidente. C’est une année de réussite exceptionnelle en saint-émilion, comme pour le cousin La Gaffelière Naudes que j’ai eu l’occasion de boire de très nombreuses fois, avec un permanent succès. Le Château Latour 1973 est noble, meilleur que ce que l’année suggère, mais il lui manque quand même ce petit quelque chose qui n’appartient qu’aux millésimes accomplis. Là aussi l’année se trouve par déduction. Le Domaine de Chevalier 1983 est très plaisant et j’ai hésité longtemps, alors que pour le Château La Mondotte 2003 très riche et de belle qualité, qui titre 14,5°, le choix s’impose sans variante possible. Le Château Guiraud 1983 est un jeune sauternes fort plaisant. Le Château Guiraud 1893 étonnamment clair, offert par mon ami S. qui devait savoir, sans doute, que nous avions autour de la table le tour de table complet du capital de Château Guiraud, fait beaucoup plus jeune que son millésime, que j’ai déjà abondamment exploré en sauternes. Je suis un peu gêné de le voir si jeune, ce qui n’enlève rien au plaisir de ceux des administrateurs de Guiraud qui n’avaient jamais bu d’exemplaire ce vin du 19ème siècle. Ils apprécient la valeur du cadeau de S. qui a tapé dans le mille. Nous passons au salon qui se remplit de volutes de cigares rares. S. a offert à Olivier un cigare de 1953 (encore une année en « 3 »), ce que je trouve assez ahurissant. On nous sert alors un champagne Cristal Roederer 1973 encore de mon ami, non inscrit sur la liste du menu. Si l’on excepte le premier rosé déjà ouvert auparavant, nous finissons d’avoir bu treize vins, chiffre terminant aussi par trois. Je mets longtemps à hésiter entre champagne blanc et rosé tant l’ambre du champagne a des accents de rose mauve. Absolument délicieux, il offre une délicatesse romantique qui clôt en beauté le voyage de nos papilles. Classer autant de vins aussi dissemblables et une gageure, mais je vais essayer : 1 - Château Canon-La-Gaffelière 1953, 2 - Champagne Krug extra dry 1953, 3 - champagne Krug Clos du Mesnil 1983, 4 - Domaine de Chevalier rouge 1943. Je suis sûr que les votes eussent été disparates si nous nous étions livrés à cet exercice. J’ai privilégié l’accomplissement au moment où nous les avons bus des deux rouges en pleine forme, et la race de deux grands champagnes. Dans une ambiance enjouée, nous avons découvert des vins très originaux. Le chiffre trois qui termine chaque millésime est le chiffre du divin. C’est le qualificatif qui s’impose pour l’accueil d’Anne et Olivier Bernard. dîner au Domaine de Chevalier - les photos
La maison privée d'Anne et Olivier Bernard, propriétaires de Domaine de Chevalier. La table joliment préparée.
Noix de Saint-Jacques aux endives confites. Emincé de volaille et foie gras aux morilles.
Fromages et gratin de pamplemousses rouges. Belle cuisine réalisée par l'équipe de Marc Demund.
Champagne Cristal Roederer 1973
Bouchon du Domaine de Chevalier rouge 1943. La bouteille a été reconditionnée en 1994.
Impressionnante série de bouteilles : Champagne Pol Roger Chardonnay 1993, champagne Krug Clos du Mesnil 1983, Domaine de Chevalier blanc 1963, Champagne Krug extra dry 1953, Montrachet Domaine Ramonet 1983, Château Margaux 1933, Domaine de Chevalier rouge 1943, Château Canon-La-Gaffelière 1953, Château Latour 1973, Domaine de Chevalier 1983, Château La Mondotte 2003, Château Guiraud 1983, Château Guiraud 1893. Le Champagne Cristal Roederer photographié ci-dessus et ne figurant pas sur la photo de groupe fut bu au moment des cigares en fin de repas au salon. visite à Climens et déjeuner chez Claude Darroze avec un 1964
Je me rends au Château Climens pour rendre visite à Bérénice Lurton, la propriétaire de ce château de Barsac. Elle conduit un groupe d’anglais et je les rejoins au moment de la dégustation de vins récents. Nous commençons par Cyprès de Climens 2004, le second vin de Climens, déjà ouvert, à boire jeune, aux accents de pruneaux. Le Château Climens 2004 montre sa différence qui est très nette, surtout en ce qui concerne la longueur et l’élégance. Le Cyprès de Climens 2005 est fort sucré, moins agréable actuellement que le 2004. Le Château Climens 2005 montre ses gros muscles. Il a la puissance et un fort sucre, mais qui est compensé par une fraîcheur rare. Ce sera un grand vin. Bérénice me fait raconter aux visiteurs que mon coup de foudre pour les vins anciens est né d’un Climens 1923. Les yeux de ces amateurs anglais se mettent à pétiller au récit de mes histoires. Quand leur minibus est parti, nous allons chercher dans un recoin difficile d’accès une bouteille de Climens 1964 pour aller déjeuner au restaurant de Claude Darroze à Langon. Je suggère le menu : asperges blanches, ris de veau et dessert aux agrumes. Sur de petits amuse-bouche, nous testons le Château Climens 1964. Dès la première gorgée, ce Barsac d’un or clair au nez généreux montre un équilibre spectaculaire. Il m’évoque les pomelos. Sur une petite brouillade d’œufs aux truffes, il réagit bien. Sur une crème brûlée au foie gras, le sucre chavire le vin. Dans un petit pot, tomates et huile refusent le liquoreux. L’amertume des asperges est idéale pour amplifier la longueur du vin. Mais c’est surtout avec le ris de veau et ses champignons que le Climens 1964 est éblouissant. D’une année où Yquem n’avait pas fait de millésime, Climens a réussi à faire une petite merveille. Nous sommes particulièrement heureux et nous devisons de milliers de sujets. Sur des quartiers d’orange jaune, le Climens est plus à l’aise que sur des pamplemousses roses. Couleur sur couleur se prouve une fois de plus. Les accords de ce repas ont montré un très grand Barsac équilibré, cohérent et structuré, qui garde une légèreté et une fraicheur qui en font comme nous l’avons vérifié, l’agréable compagnon de tout un repas. visite à Climens et déjeuner chez Claude Darroze
Dégustation au château des 2004 et 2005 de Château Climens et du second vin "Cyprès de Climens".
Le graphisme de la carte et des assiettes méritait la photo.
j'ai oublié de photographier les délicieuses asperges blanches. Le ris de veau fut superbe sur le Chateau Climens 1964, ainsi que ce beau dessert aux oranges et pamplemousses. C'est l'orange qui se marie le mieux.
Le bouchon du Chateau Climens 1964 s'est brisé en deux, mais le sommelier réussit à le retirer.
Wednesday, April 16. 2008Au siège du champagne Salon, lancement du Salon 1997
Lorsque j’avais vu Didier Depond au siège du champagne Salon il y a quelques jours, c’était avant la campagne de lancement du Salon 1997. Didier m’avait demandé de ne rien dire de mes impressions sur ce champagne goûté avant l’heure. Je n’en ai rien dit. Enfin je peux parler, car à onze heures Didier reçoit un petit groupe d’amis pour découvrir ce champagne. Il y a dans ce petit cercle de dix personnes une sympathique variété d’horizons : une journaliste d’un organe local, un homme qui compte dans le comité professionnel des vins de champagne, un caviste renommé un grossiste en produits gastronomiques de luxe, un importateur de fruits, un décorateur, un avocat et l’importateur du champagne Salon et de prestigieux vins bourguignons pour le Japon. Dans la très jolie nouvelle salle de dégustation, nous allons goûter dix vins, mais avant nous visitons les caves de Salon, où l’on dégorge devant nous les deux champagnes que nous allons goûter à table. Didier rappelle l’histoire de ce champagne et cite les années qui ont été produites, qui sont moins de quarante sur un siècle. En l’écoutant les énumérer, je me rends compte que sur plus de quarante ans, j’ai bu tout ce qui a été produit. La dégustation commence par cinq vins clairs de 2007. Le 2007 Mesnil 1, qui pourrait entrer dans la composition du 2007, si ce millésime est produit, a un nez très pur. La bouche est très acide, le floral est très affirmé. Le 2007 Mesnil 2, qui pourrait aussi entrer dans le Salon 2007 a un nez plus rond, floral. En bouche, l’acidité est différente. Il est plus floral et plus élégant que le 1. Didier nous indique que la décision pour le 2007 n’est pas arrêtée, mais on sent qu’une voie a sa préférence. Elle est très originale et me plait beaucoup. Je ne précéderai pas son annonce. Les autres vins, sauf peut-être un, n’entreront que dans le Delamotte. L’Avize 2007 a un nez assez curieux, avec une bouche un peu plus simple. Il est plus buvable car il est moins marqué. Le Cramant 2007 est très pétillant. Il évoque les fleurs blanches. Il manque un peu de finale. Le Chouilly 2007 est un peu plus plat, plus animal. Nous passons ensuite à cinq vins qui ont été dégorgés ce matin à neuf heures et non dosés. Le champagne Delamotte blanc de blancs est fait à base de vins de 2002. La différence avec les vins clairs de 2007 est spectaculaire, car on entre dans le monde des vrais champagnes. Le nez évoque le poivre et le caramel. Il est d’une très belle longueur. Le champagne Delamotte blanc de blancs 1999 a un joli nez floral, assez discret. En bouche il est très équilibré, toasté, fruits jaunes. Il est un peu classique mais très pur et très élégant. C’est un champagne qui mérite vraiment l’intérêt. Le champagne Delamotte blanc de blancs 1985 a un nez superbe et raffiné. En bouche, il est beau et glorieux. Son attaque est splendide et le corps évoque le carambar et l’amande grillée. Ce beau vin a une forte minéralité. Le champagne Salon 1997 a un nez discret mais noble, minéral et iodé. L’élégance en bouche est d’une grande évidence, et l’on entre de plain pied dans le monde de Salon. Très pur, très concentré il va évoluer. Sa trame est belle et son final affirmé, il évoque les fleurs blanches, l’iode, la pêche blanche. Il est résolument féminin, ce que Didier traduit ainsi : le 1996 est Cary Grant et le 1997 est Audrey Hepburn. Le champagne Salon 1988 a le nez du 1988 que je connais par cœur. Le caramel est là. En bouche il est typé, fumé, avec un petit côté animal. Ce n’est pas le plus grand 1988 que j’aie bu, mais il faut rappeler qu’il n’est pas dosé. Nous nous dirigeons vers la jolie salle à manger du premier étage où abondent les souvenirs d’Eugène Aimé Salon et des dîners prestigieux où Salon fut à l’honneur. Il fait si beau que l’apéritif au Salon 1997 est bu le long des vignes de la parcelle magique qui fait ce vin rare. Et sur des gougères et tuiles au parmesan, le 1997 commence à montrer sa personnalité. Féminin et racé, il l’est sans conteste. Mais sa personnalité va se former encore et il choisira de l’amplifier. Le jeune chef d’un restaurant local a réalisé un repas d’une grande qualité. Voici le menu : crème brûlée de foie gras, carpaccio de Saint-Jacques, vinaigrette légère, pressé de légumes et rouget / risotto de homard Arborio, émulsion de crustacés / Filet de veau français printanier / cœur de parmesan 36 mois / financier aux amandes effilées, concassé de pistache et coulis d’abricot. Tout est bon délicat et de goûts précis. Il fallait bien cela pour les vins remarquables de ce déjeuner. A table, le champagne salon 1997 fait sa mue et le gamin devient adolescent. Il affirme une puissance qu’il avait cachée jusque là. Il est absolument superbe sur le rouget, précis sur la coquille crue et en opposition avec le foie gras, car l’accord ne se fait pas. Il revit avec le risotto et le homard, plat remarquable. Le Château Latour 1990 en magnum me laisse sans voix. Ce vin est d’une perfection absolue. On ne peut pas imaginer que ce vin puisse être meilleur que ce qu’il nous offre ainsi, sans l’ombre de plus infime défaut. Le vin est parfait, combinant une race, une distinction qui le place au plus haut niveau de la hiérarchie bordelaise, mais il y rajoute une joie de vivre simple qui est confondante. Il va sans dire que dans l’échelle parkérienne, c’est un 100 qui doit couronner ce vin. Alors, avec ma bouteille rapportée de la veille du restaurant Laurent, ne vais-je pas faire une erreur en le faisant servir maintenant ? Eh bien, la nuit plus le voyage jusqu’ici lui auront fait du bien. Le vin frappe tout de suite par un fruit incroyable. C’est confondant de générosité. Et ce qui me fait un immense plaisir, c’est que l’on peut passer du Latour au Chave et inversement sans avoir le moindre sentiment qu’ils se repoussent. Ils sont opposés mais s’acceptent. Le Latour est magnifiquement noble, le Cathelin est fruité, généreux et chantant d’une voix d’enfant. Deux splendides expressions du vin rouge. En terre champenoise, c’est du bonheur. Nous revenons au Salon 1997 sur le parmesan délicieux et, signe important, le champagne ne démérite pas après le passage de ces deux rouges de compétition. Il va même jusqu’à creuser son sillon dans nos papilles pour affirmer : j’existe et je suis là. Pour le dessert, le Champagne Salon 1976 en magnum dégorgé en cave devant nous montre une couleur dorée magnifique. Rien n’est plus beau que cet or. Je le sens alors que la bulle éclate dans le verre et ce sont des milliers de grains de cassis qui se brisent dans cette odeur. Le champagne est grand, car 1976 est grand. Mais la fatigue des papilles commence à jouer, et le plaisir s’émousse. Les cartes de visite s’échangent, les promesses de se revoir se forment. Sous le soleil qui montre enfin son nez après tant de grisailles printanières, nous avons la sensation d’avoir vécu un grand moment. Le baptême du 1997 est convaincant. Le boire sous le signe de l’amitié est un cadeau de plus. visite au champagne Salon - les photos
La cave des champagnes Salon
La cave des vieux millésimes est très petite. Ici, un Salon 1966.
La magnifique salle de dégustation où nous goûtons les vins clairs et le fameux 1997 Salon comparé au 1988.
Après la séance studieuse, nous devisons devant les vignes de ce beau champagne.
Les entrées pour jauger le Salon 1997, puis homard.
La délicieuse viande sur le magnum de Chateau latour 1990.
Ermitage Cuvée Cathelin Jean Louis Chave 1998 que j'ai apporté (venant du dîner de la veille au restaurant Laurent)
La belle couleur du champagne Salon 1976 Tuesday, April 15. 2008Vertical 2007-2000 for Latour-Martillac, Kirwan, Beycehevelle and Guiraud
Vertical 2007-2000 for Latour-Martillac, Kirwan, Beycehevelle and Guiraud At the private flat of Sophie Schÿller-Thierry in Paris, four wines were presented for eight following years, 2000 up to 2007. I will not give detailed analysis, but some remarks can be made. It is very interesting to taste eight years in a row, as the personality of every wine becomes clearer and clearer. And, for my taste, the personality of the wine has a greater effect than the year. The second impression is that the hierarchy of years is different for each wine. Kirwan has a very great 2003, which is not the same for Beychevelle, and Beychevelle has made a better 2000 (comparatively to its brothers) than Kirwan or Latour-Martillac. Some other impressions : - 2005 does not give the impression to be outrageously better than the other years - 2006 is charming for my taste - 2000 is far from being the millennium year as it was prophetised at its birth - 2001 is a very great year (at least at this moment of its life) - The pleasure of these wines today has not much to do with the hierarchy of years given by the experts. I drank only two wines of Guiraud : the 2007 and the 2001. They are strictly twins ! Two very great wines indeed. Another impression is that these wines are living. Which means that they are not tasted at the same moment of their life. So, the ranking that I would make today is not the ranking that I would make in three years. But if I had to make a choice to drink today, in general terms, for what they give today, I would drink the 2001, which please me, and the 2006 if I want to taste a wine in its youth. I would not drink the 2000 which will probably make like the 1975 : when will they be drinkable ? I would surely put the 2003 and 2005 in the deepest corner of my cellar, and I would drink the 2002 and 2004, if I had the bad chance to have some in my cellar. Of course it is my taste which is not a universal taste. But I must say that 2001 and 2006 pleased me in their actual form. Just after that, to wait for my wife with whom I will have dinner, I went to the bar of hotel Crillon. The chief barman, Philippe Olivier, is a fan of Cognac. He showed me the Louis XIII Black Pearl Remy Martin which he will receive in magnum in a few days. He opened the bottle that he had to let me try. This is a real gift because I can imagine the price of a glass ! I drank it. Mamma Mia !!! The purity of this cognac is exceptional. It will be impossible to get a bottle, as all must already been sold. But what a wonder ! fascinating exceptional cognac. It was then time to meet my wife for a happy dinner. Friday, April 4. 2008Journée des vins clairs au champagne Bollinger à Ay
Lors du dernier Grand Tasting à la fin de l’année 2007, j’avais assisté Michel Bettane, à mon modeste niveau, pour animer des tables rondes consacrées à plusieurs domaines prestigieux. Parmi ceux-ci, le champagne Bollinger. Lorsque j’ai dit à l’œnologue que je n’étais jamais venu visiter Bollinger, celui-ci s’empressa de m’inviter à « la journée des vins clairs », où l’on goûte une quinzaine de vins qui vont entrer dans la composition du champagne Bollinger. Le jour dit, je me présente au siège de cette célèbre maison de champagne et je retrouve les coins et recoins qui avaient été filmés par Jean-Pierre Fleury pour un reportage « In Vino … » passé de nombreuses fois sur plusieurs chaînes de télévision dont TF1, où Ghislain de Montgolfier parle de son champagne et où je parle de ma cave. Ce reportage où nous étions « associés » remonte à cinq ou six ans. Nous allons nous recueillir sur la petite parcelle qui fait le rarissime Bollinger Vieilles Vignes Françaises, et c’est assez symbolique, car ce que nous voyons en terre est loin du romantisme qui existe dans le verre. Nous visitons les installations très modernes et les caves antiques avec Mathieu, l’œnologue, puis nous retrouvons en groupe de près de 70 personnes dans une grande salle. Il y a là des vignerons qui fournissent des raisins à Bollinger depuis de longues années, des journalistes et quelques amis. Nous pouvons goûter seize vins qui entrent dans l’assemblage de la Cuvée Spéciale Bollinger. Sur les seize vins il y a quinze vins clairs des vendanges 2007 et un magnum de réserve de 2003. Aucun conseil ne nous est donné, mais il paraît logique de commencer par les chardonnays. J’indiquerai pour chacun si la maturation est faite en cuve ou en fût, et s’il s’agit d’un premier cru ou d’un grand cru. Le cépage est chardonnay, pinot noir ou pinot meunier. L’Oger, cuve, chardonnay, Grand Cru est le premier, aussi la bouche n’est pas encore étalonnée. Il a une belle acidité, des fruits blancs, il fait très jeune (eh oui, c’est 2007). Le Vertus cuve chardonnay, Premier Cru est plus amer, moins brillant et n’a pas de fruit. L’Avize, cuve chardonnay, Grand Cru a une forte acidité, des fleurs blanches, un final trop acide. Le Cuis cuve chardonnay Premier Cru est perlant et abrupt. Le Cuis fût, chardonnay, Premier Cru est plus rond, plus doux, avec un joli final de fruits blancs. Le Mesnil, fût, chardonnay, Premier Cru est très élégant, équilibré, avec un final moins triomphant que le Cuis précédent. Le Cramant, fût, chardonnay, Grand Cru est très champagne. Il est homogène et plaisant, avec un final de champagne un peu plus sucré que le Mesnil. A la fin de cette série de chardonnays, les deux que je préfère sont le Cramant en fût et le Mesnil en fût. Je passe ensuite aux pinots noirs : le Mareuil, cuve pinot noir Premier Cru m’étonne après les chardonnays. Il a un goût médicinal troublant. Je lui trouve un petit problème, malgré le fruit que l’on sent. Le Ay cuve pinot noir Grand Cru est chaleureux, vivant et charpenté. J’aime. Le Ay fût, pinot noir Grand Cru est déjà du champagne. Il a un beau final mais un peur court. L’Avenay, cuve pinot noir Premier Cru a une couleur plus rose et fait plus évolué. Il est floral et fruit avec un beau final bien long. Il est un peu hors norme. Le Tauxières cuve pinot noir Premier Cru a un perlant très fort. Il est très séduisant alors que je ne suis pas à l’aise avec le perlant, et malgré cela, j’aime ses jolis fruits blancs. Le Louvois fût, pinot noir, Grand Cru a une attaque très fruitée et son joli final est aussi fruité. Le Verzenay fût pinot noir Grand Cru est équilibré, avec des fruits délicats. Le final est équilibré et long. Je classe parmi les pinots noirs, dans l’ordre le Verzenay, puis le Ay en cuve et le Louvois. La sélection des 2007 se termine sur le seul pinot meunier, le Venteuil cuve pinot meunier qui a une très forte personnalité, une bulle amère et un fruit énorme. J’aime ce vin malgré le perlant. Lorsque l’on passe au magnum de réserve de Mesnil 2003, chardonnay Grand Cru, cela fait tout drôle, car on commence à boire du champagne. Il a une très belle personnalité, une bulle active, un goût de biscuit sec croquant, un beau final une belle acidité et sa trace est longue. Il faut maintenant passer à l’assemblage spécial cuvée 2007 qui va encore vieillir quatre ans en cave avant de se trouver dans le commerce. Ce qui frappe instantanément, c’est que ce vin assemblé, et c’est assez incroyable, a gommé tous les petits défauts que l’on pouvait trouver dans les composantes. Et c’est presque trop beau, comme si la perfection avait un peu trop discipliné ce vin. Cela va évidemment se corriger avec le temps en cave et peut-être avec l’ajout d’un peu plus de magnums de réserve, mais à ce stade, le champagne fait un peu « politiquement correct ». Il faut bien sûr saluer le travail d’œnologie qui est un art que je vénère. Je n’ai aucun doute que le vin, au moment de sa sortie, sera parfait. L’exercice de juger les vins clairs est passionnant. Il est fort probable que mes impressions n’ont aucun caractère universel, mais le plus important est de les avoir vécues. Nous passons ensuite à table dans le cuvier où huit jolies tables ont été dressées. Je suis assis à côté de l’épouse de Ghislain de Montgolfier qui fait un discours de bienvenue joliment troussé et fort spirituel. Il va passer dans quelques semaines le flambeau à Jérôme Philipon qui lui succédera à la tête de cette prestigieuse maison de champagne. Le menu qui est préparé par le traiteur Philippet est : salade de homard aux abricots moelleux, pignons grillés et mesclun à l’huile vierge / tournedos de filet de veau aux morilles, cannellonis de petits légumes / duo de fromages et salade / tarte à la rhubarbe, glace vanille et crème chantilly. Le Bollinger Special Cuvée qui nous est servi est nettement plus civilisé que celui que nous avons goûté, fruit de l’assemblage des 2007. Ici, l’assemblage est fait entre 2003 et 2004 avec l’ajout de magnums de réserve de 1995. C’est vraiment le Bollinger comme on l’aime, vin agréable et surtout vin de soif, car il y a un goût de « revenez-y » particulièrement marqué. La chair du homard avec sa sauce réduite concentrée se marie merveilleusement avec ce champagne de gastronomie. Il semble que ce soit une toute première fois que l’on goûte une création, le champagne Bollinger rosé, qui est un assemblage de 2003 et 2004. C’est un champagne très délicat, un très beau rosé et de ma part, c’est un compliment, car je ne suis normalement pas un fanatique du rosé. C’est une belle expérience et c’est bien de l’avoir tenté sur une viande malheureusement trop salée et à la sauce trop lourde. Chair et champagne eurent suffi. Le champagne Bollinger Grande Année 1999 se présente avec un nez très minéral qui va progressivement révéler des accents de miel. En bouche il est assez curieux, car il ne donne pas l’impression d’être très homogène. Il y a du doucereux et du rêche. Il est un peu dosé pour moi. Je pense qu’il faut qu’il vieillisse plus, car on sent qu’il évolue dans le verre. Avec le brie il devient merveilleux et chaleureux. C’est un grand accord. S’il s’assemble dans le verre, on note quand même un côté assez troublant ou déroutant qui disparaîtra dans peu d’années. Le vin surprise est comme toutes les surprises : on ne le trouve pas. J’ai commencé par dire 79 mais la bulle me paraissait trop jeune pour cette année. Avec un vigneron de la table nous en sommes venus à 1983. C’était en fait un champagne Bollinger Grande Année 1992, d’une année à fort botrytis qui a donné un vin remarquable, plus mûr que son âge. Ghislain dit qu’il est ce que le 1999 deviendra dans quelques années. C’est une année où l’on n’a pas fait de « R.D. » (récemment dégorgé). Bien évolué, charmeur et beau, il est complètement dans le style Bollinger ou selon l’expression américaine dont j’ai horreur, dans le style Bolly. Nous nous sommes quittés dans une ambiance joyeuse et j’étais content de cette expérience sur les vins clairs, qui deviennent un miracle quand ils sont assemblés et que le temps leur a donné la grâce. Je me sentais James Bond en rentrant à Paris. visite de la maison Bollinger - photos
Voici l'une des parcelles des vieilles vignes françaises. Si on ne le sait pas, c'est difficile d'imaginer que se fait ici l'un des plus rares champagnes au monde.
Photo de l'équipe pour la presse. au premier rang à droite le président actuel et son successeur.
Plusieurs kilomètres de galeries sous le village de Aÿ.
Mûrissement et stock de magnums de réserve.
De l'intérêt de l'étanchéité des bouchons ! Passage obligatoire par la tonnellerie. Le tonneau couvert de copeaux, aux arceaux entièrement en bois, est plus que centenaire.
Dans un hall de vieillissement, on peut estimer l'âge canonique des fûts.
C'est ici que nous avons goûté les vins clairs, avec seize tonneaux portant des échantillons comme celui-ci. Déjeuner dans le cellier joliment décoré.
Une vitrine de capsules et muselets.
Très beau repas. Ghislain de Montgolfier est heureux après son speech. Monday, March 31. 200828 producers and their 2005 Burgundies : I was a kid in a candy store
This is a fantastic event. It was held in restaurant Ledoyen. As I will probably drink the 2005 in twenty years ad min, I had not a great motivation to compare every wine. But it was like the Ali Baba cave. All wines were 2005. In whites, I drank : Bonneau du Martray Corton Charlemagne : elegant but needs more years Comtes Lafon : Meursault, Meursault Clos de la Barre, and Meursault Charmes : what a style ! I adored the two last, having a huge personality. Great wines Domaine Leflaive : Puligny-Montrachet, Puligny-Montrachet Clavoillon, Puligny-Montrachet Les Pucelles : pure bombs. Bombs of pleasure. Raveneau : Chablis Clos Grand Cru : the wine of the purest distinction. In reds, I drank : Marquis d’Angerville : Volnay Champans and Volnay Clos des Ducs : classic wines Bonneau du Martray : Corton red : I have a weakness for this wine, appealing Jospeh Drouhin : Beaune Clos des Mouches : elegant and interesting Dujac : Clos de la Roche : great wine Michel Gaunoux : Pommard Grands Epenots : my style of wine Méo-Camuzet : Clos de Vougeot : great wine high promise Comtes Lafon : Volnay Santenots : highy typed, but I was under the charm of the whites Montille : Volnay Taillepieds : a sincere wine full of charm, Corton Clos du Roi : a knight, Vosne Romanée Les Malconsorts : full of grace Mugnier : Musigny : one of the stars of my trip Roumier : Chambolle-Musigny les Cras and Bonnes Mares : two very great wines, the Bonnes-Mares being a prince Rousseau : Charmes Chambertin, Ruchottes Chambertin, Chambertin : the coronation of the tasting. The Ruchottes is more performing at this moment than the Chambertin which will become a star I did not make a precise analyse as it has a limited interest for the moment (I will buy the 2005 in 15 years), but I must say that this year is a wonder. The wines are good, and very good. What is interesting is that the owners are there. Etienne de Montille, Erwan Faiveley, Eric Rousseau, Anne-Claude Leflaive, and so many others were there, talking nicely to me. I adored the familial atmosphere of this meeting, as they have not the stress to sell, but the joy to share their wines. Purely lovely. Thursday, March 27. 2008Salon 1997 : chut !
Ce champagne fera son entrée officielle dans le monde, son bal des débutantes, en avril 2008. Je n'ai donc pas le droit d'en parler. Cette photo est donc celle d'un OVNI (objet vineux non identifié). Vous en saurez plus bientôt.
Wednesday, March 26. 2008dégustation des 2006 de Bouchard Père & Fils
Le groupe Henriot réunit chaque année des professionnels du vin pour présenter ses vins. Il s’agit aujourd’hui des 2006 des maisons William Fèvre, Bouchard Père & Fils et Henriot. Une belle salle de l’hôtel Meurice est très appropriée à la dégustation comparative de ces vins. Dans les grands crus de Chablis, je suis à ce stade de leur vie plus sensible au Chablis Bougros William Fèvre 2006 qu’au Chablis Les Clos William Fèvre 2006 dont le final indique qu’il aura un avenir plus brillant. Les rouges de Bouchard sont en 2006 d’une précision et d’une accessibilité gustative qui méritent une mention. On sent que la nouvelle cuverie permet un travail plus maîtrisé. J’adore le Nuits Cailles Bouchard P&F 2006, le Corton Bouchard P&F 2006 et j’ai un faible pour le Chambertin Clos de Bèze Bouchard P&F 2006. Le Beaune Grèves Vigne de l’Enfant Jésus Bouchard P&F 2006 est l’enfant chéri de la victoire, mais son aîné de 1999 lui montre qu’il aura encore du travail à faire avant de l’égaler. Un jéroboam du Corton Bouchard P&F 1990 est diablement tentateur. Je n’ai pas frémi autant que je l’aurais imaginé, car je pense que ce vin a besoin d’une bonne décennie de plus pour révéler tout son talent. Les blancs de Bouchard, c’est la planète d’excellence de ce domaine. Le Meursault Génévrières Bouchard P&F 2006 est déjà charmant, le Corton Charlemagne Bouchard P&F 2006 est noble. Le Chevalier Montrachet Bouchard P&F 2006 me fait la même impression que les Chablis : je le préfère au Montrachet Bouchard P&F 2006 car ce dernier va enclencher la vitesse supérieure dans quelques années. Avec le Chevalier Montrachet 1998 on est à la limite de la luxure. Le Corton Charlemagne 1983 servi en magnum combine jeunesse et sérénité. Il y a un accomplissement dans les blancs qui mérite les éloges. Je n’ai pas boudé les champagnes mais l’appel des meilleurs était trop tentant. Le champagne Henriot Cuvée des Enchanteleurs 1995 est déjà un grand champagne. La vedette incontestée est le 1975 servi en magnum, d’une assurance et d’un équilibre qui me plaisent au plus haut point. Il a un potentiel d’inventivité gastronomique de première grandeur. J’ai remercié chaleureusement Stéphane Follin-Arbelet qui nous avait reçus de façon royale au château de Beaune, lors du voyage avec mon ami collectionneur américain. J’ai félicité Joseph Henriot pour le récent achat qu’il vient de faire d’un grand domaine en Beaujolais, qu’il compte gérer en tant que beaujolais sans mimétisme de la stratégie de Bouchard. Les équipes du groupe Henriot sont extrêmement motivées. Leurs vins sont bons. Le succès est la récompense du travail bien fait. Tuesday, March 18. 2008dégustation des vins du domaine de Vogüé aux Caves Legrand
Avec une grande régularité, des dégustations aux Caves Legrand suscitent mon intérêt. Cette fois-ci, ce sont les vins du Domaine de Vogüé qui sont à l’honneur. François Millet, chef de cave et œnologue nous fait une présentation sincère, vivante et explicative. Le Bourgogne Blanc Domaine de Vogüé 2004 est en fait le Musigny blanc du domaine. Les vignes étant récentes, replantées de 1986 à 1997, ce nom générique a été choisi. Pour imaginer l’ampleur de ce choix, c’est un peu comme si le Domaine de la Romanée Conti avait appelé la Romanée Conti « Bourgogne rouge » pour les décennies 50 et 60. Le vin a une belle fraîcheur acide, d’agrumes et de poires. Le final minéral citronné évoque les fleurs blanches. Le Chambolle Musigny Village Domaine de Vogüé 2004 est d’un rubis rose, le nez assez discret est de cerise rouge. En bouche le vin assez rêche, astringent est un peu fumé. Sans rondeur il est un peu strict pour mon goût, marqué par les fruits rouges amers et la cerise à l’eau de vie. Le Chambolle Musigny Premier Cru Domaine de Vogüé 2004 est d’un rouge plus soutenu. C’est un vin issu des jeunes vignes de Musigny. Le nez est plus généreux. Plus riche en bouche, son fruit est plus assumé. C’est toujours strict, au final de feuilles d’artichaut. On sent de la matière et des notes assez jolies. Le final claque bien. François Millet évoque la framboise, la grenade, la crème de cassis et les épices douces ainsi que les fleurs roses. Le Chambolle Musigny Les Amoureuses Domaine de Vogüé 2004 a un rubis rose soutenu. Le nez est discret, peu ouvert. Le fruit est plus joyeux, combiné à de la minéralité et de l’astringence. Le poivre se révèle dans un peu de figue fraîche. J’aime un peu moins le final, à ce stade, que celui du premier cru. Le Bonnes-Mares Domaine de Vogüé 2004 a un rubis rose soutenu. Le nez est profond : « ça c’est du nez ». Le vin est puissant, lourd, le fruit est noir et le végétal est poivré. Le final très joli est enlevé. Mais le vin est très jeune, comme s’il n’était pas encore totalement assemblé. Au sujet de la jeunesse, François Millet regrette que les 2005, année mythique, soient déjà sur la carte des restaurants. Il estime que du fait de la curiosité pour le millésime, il est probable qu’un tiers des vins ont déjà été bus, ce qui est triste quand on sait ce qu’ils peuvent devenir. Le Musigny Domaine de Vogüé 2004 est d’un rouge foncé presque noir. Le nez est intense. Il est onctueux, joyeux, et déjà buvable. Le final est profond, complexe et beau avec des fruits noirs et un peu de poivre. Ayant exploré les vins de 2004 du domaine nous allons maintenant nous concentrer sur les Bonnes-Mares et les Musigny pour trois années, 1999, 1991 et 1989. Le Bonnes-Mares Domaine de Vogüé 1999 est d’un rouge très soutenu et d’un nez profond et distingué. J’écris : « wow, ça commence à être du vin ! ». Il est fluide, de fruits noirs et de fleurs mauves. Le final est triomphant. C’est un vin très racé, fluide. Il est à noter que le Musigny 2004 commence à s’ouvrir. Le Musigny Domaine de Vogüé 1999 est d’un beau rouge. On sent en bouche que c’est extrêmement jeune. Les fruits sont noirs et rouges, mais plus rouges que pour le Bonnes-Mares. Le vin est rigoureux. Il a moins de rondeur que le 2004 à ce stade de sa vie. Il est encore très fermé. Le Bonnes-Mares est plus mûr que le Musigny. Ce Musigny promet. Il a du corps de la fraîcheur et de la concentration. Le Bonnes-Mares est beau quand il s’ouvre dans le verre, puissant et profond. Le Bonnes-Mares Domaine de Vogüé 1991 est foncé. Le nez est assez déplaisant, un peu suri. En bouche le vin est magnifique de fruits noirs, de myrtilles. Il est très plaisant et très bourguignon. Les fruits confits et le poivre marquent le goût. Le Musigny Domaine de Vogüé 1991 est d’un rouge noir et d’un nez minéral. Le vin est très séduisant, flatteur au poivre bien dosé. Le vin est racé, le poivre devient plus insistant. Ce vin est encore trop jeune. Le Bonnes-Mares Domaine de Vogüé 1989 a une robe beaucoup plus ambrée vers le rouge orangé, montrant une évolution. Le nez combine le minéral et l’animal. En bouche, c’est beau et déjà secondaire. Il y a du poivre et moins de fruit mais beaucoup de personnalité. Il est plus bourguignon, astringent. Le Musigny Domaine de Vogüé 1989 est d’un rouge noir. Le nez est racé, subtil, poivré. Son attaque est chaleureuse, il est rond en bouche, structuré, charmeur. Magnifiquement subtil, c’est un grand vin. Je reviens en arrière pour constater que le Bonnes-Mares 1989 a du caractère et que le 1991, beau aussi a déjà des tons de vins anciens. Le Musigny 1991 est plus rond, plus chaleureux et le Musigny 1989, charmeur, soyeux, subtil est un grand vin. Autour de moi, certains amateurs préféraient les Bonnes-Mares. Mon penchant est pour les Musigny. Tous ces vins sont caractérisés par la minéralité, le poivre, les fruits noirs intenses et l’astringence. De ce fait, ce sont des vins qui demandent une très longue maturation et plusieurs dégustateurs dans la salle se plaignaient du fait qu’il est très difficile d’attendre les vingt années minimum qui seraient nécessaires pour profiter de ces grands vins. Car ils ont besoin de vieillir, contre la tendance actuelle de consommation. François Millet nous a appris beaucoup d’éléments intéressants sur ce domaine attachant. Cette dégustation a permis de mieux le comprendre. Reste maintenant à trouver ces vins passionnants et à les déguster à leur apogée.
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